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De la souplesse du dos du cheval

Voici 3 images qui justifient le paradigme équestre actuel.

Elles seraient totalement exactes si le cheval était un Être mécanique, sans conscience et sans esprit de vie.

Autrement dit, un objet inerte soumis aux lois mécaniques et physiques d'action des forces et des masses.

De surcroit, l'ensemble tête-encolure qui représente un levier d'équilibre, fonctionne quasi indépendamment du dos lui-même.

Nous, humains, pouvons articuler et adapter l'angle de fléchissement de notre colonne vertébrale car nos vertèbres se suivent de manière linéaire de par notre condition bipède.

Ainsi, nous pouvons tourner la tête dans un sens, la lever et la baisser tout en nous penchant en avant, en arrière ou sur le côté.

Ce n'est pas le cas chez le cheval, dont l'amplitude de mouvement du dos se trouve réduite entre le garrot et la base de la queue. Cette partie de son dos se présente ainsi comme une arche. En considérant de surcroit la taille en proportion des vertèbres, nous pouvons en conclure qu'il est prédisposé à porter un cavalier, mais pas à n'importe quelle condition.

Mais surtout, tout comme nous, le cheval dispose d'un système nerveux autonome qui lui permet d'adapter sa posture à l'action et à l'effort demandé.

Or, le poids et l'attitude inconstante du cavalier sur son dos exerce des pressions et des déséquilibres compensés par l'action du système nerveux autonome.

Dans une vision biomécanique pure adaptée à la morphologie du cheval, le schéma de gauche s’avère ainsi erronée. Car dans cette configuration, comme le cheval n’a pas de clavicule, la cage thoracique avance et descend entre les épaules. Ainsi la croupe s’élève et les membres postérieurs auront de plus en plus de difficultés à s’engager sous la masse, créant ainsi un déséquilibre accru.

Dans ce merveilleux pays qui se nomme « Théorie », les spéculations vont bon train et le papier se montre indulgent.

Le cheval libéré retrouve ses allures originelles dans l'extension d'encolure. Plusieurs auteurs de traités équestres le précisent comme Steinbrecht par exemple. Gare à ne pas en faire un dogme dont on use et abuse par une interprétation erronée.

Pour ma part, je pense que l'optimisation des allures tient d'avantage à la libération de l'esprit du cheval par la soustraction de la tension des rênes et d'autres éléments de soumission qu'à l'effet de la posture.

Equilibre, rectitude et impulsion, le triptyque du mouvement équestre, font plus que de force et de soumission.

Ainsi, le cheval doit pouvoir se grandir pour porter son cavalier.

La réalité se perçoit lorsque l’on se trouve assis en selle et dans le mouvement des allures.

L'action juste fait remonter le garrot du cheval et donne cette impression de force et de puissance. Cela résulte d'une posture libre, tonique et adaptative au poids et aux mouvements.

Bien entendu, l'extension d'encolure est nécessaire dans le travail au même titre qu'un sportif alterne les assouplissements, les étirements et les exercices de musculation.

Mais les chevaux ne sont ni masochistes, ni spéculatifs. Quand ils sont libres de leurs mouvements et que la demande reste raisonnable en intensité, les chevaux ne détériorent ni leur dos, ni leur physionomie. Ils ne cherchent ni l'inconfort, ni la douleur. Bien sûr, nous ne parlons pas d'un faux mouvement ou d'une blessure accidentelle.

Ce qui les détruit par contre, ce sont des mouvements arbitraires, répétitifs, soutenus et avec des contraintes posturales qui sortent de l'imagination de certains cavaliers.

Cela créé de l'inconfort voire des traumatismes douloureux qui exaltent de surcroit l'instinct de fuite contre lequel il faut utiliser des matériels coercitifs de soumission.

Et le serpent se mord la queue ...

C'est le drame du paradigme actuel, entretenu par quelques pseudo dieux du stade qui font rêver les cavaliers amateurs. Mais la lumière de ce soleil est obscure et maligne.

Encore et encore, la clé se trouve dans l'accès à l'intelligence du cheval, à ses capacités cognitives et à sa sensibilité.

Car le cheval seul ressent son propre corps.

Tout le reste n'est que spéculation intellectuelle et malheureusement torture, quand bien même elle est inconsciente de la part de nombreux cavaliers qui font confiance au paradigme équestre. Apprenez à observer votre cheval et à raisonner par vous-même.

N'oubliez jamais que ce n'est pas parce que tous les moutons bêlent dans la même direction qu'ils ont raison.

Les rares écuyers qui présentent des chevaux dans un travail juste et qui font rêver les cavaliers amateurs, travaillent en dehors du paradigme.

En équitation, seuls le mental, l'égo et l'orgueil doivent définitivement être soumis.

Quant aux chevaux, ils doivent être libérés dans leur corps et dans leur esprit.

Les chevaux ne demandent pas mieux que de collaborer, à condition que l'on s'adresse à eux avec intelligence et avec respect.

Comprenne qui pourra ...


Francis Stuck









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