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Paradigme équestre ou langage intelligent ?

Je travaille sur l'intelligence des chevaux depuis de nombreuses années et la zoosémiotique m'a ouvert des horizons insoupçonnés.

Ainsi pouvons-nous tout obtenir des chevaux en apprenant à parler à leur intelligence.

Nous n'avons point besoin de matériels coercitifs pour obtenir ce que nous attendons d'eux. Leur empathie naturelle aidée d'une incommensurable générosité leur donne envie de collaborer. Et tel un enfant qui prend plaisir à travailler, les chevaux manifestent une authentique soif d'apprendre.

Le paradigme équestre s'appuie sur un principe de production d'inconfort et de douleur pour obtenir la soumission du cheval.

Les matériels coercitifs à intensité variable agissent en ce sens. Il en est ainsi de la plupart des mors, des gourmettes, des noseband, des caveçons, des enrênements et des éperons.

Dans cette vision dépassée, le cavalier agit par les matériels en tirant et en poussant comme un marionnettiste active un pantin.

Par exemple, avec un contact appuyé permanent, la main tire en permanence. Ce faisant elle créé de l'inconfort et de la douleur dans la bouche du cheval.

Une bouche verrouillée par un noseband détruit toute la sensibilité. Combien de langues bleuies observe-t-on ?

Cet inconfort et cette douleur rigidifie de surcroit toute la ligne dorsale.

Pour mieux comprendre, essayez de pratiquer des mouvements de gymnastique avec une énorme rage de dent ...

L'équitation de tradition française proposait cette alternative de langage équestre doux. Le contact sur la bouche du cheval ne doit pas être permanent.

Le poids des rênes suffit. Et quand la main demande, elle rend immédiatement.

Elle pose une question et elle attend la réponse. C'est ainsi qu'il faut comprendre la maxime "Prendre et rendre".

Les cavaliers ayant compris cette philosophie issue du siècle des lumières se font désormais rares.

Que dire des bauchéristes et des oliveiristes qui pour la plupart demeurent dans une imitation gestuelle qui fait bondir à juste titre les derniers rares écuyers de tradition française.

Il décrient une équitation molle, sans impulsion, à l'encontre des principes biomécaniques élémentaires.

François Baucher fut un écuyer alchimiste. Il avait parfaitement compris le sens du cercle et par-delà de l'intégration d'inspiration cosmologique universelle dans l'équitation. Il fit construire un manège carré et à tort, certains le nomment "écuyer de cirque". Il fut également spiritualiste. Ses écrits révèlent une foi authentique dans le "Dialogue entre Dieu, un cheval et un cavalier". Il avait compris cette notion de conscience et d'intelligence des chevaux tout en intégrant les lois universelles de gravitation à son équitation.

Nuno Oliveira fut un écuyer mystique. Né d'un père pasteur luthérien, il faut s'intéresser au luthérianisme fondamental des origines pour comprendre l'esprit de Nuno Oliveira.

Ceux qui l'ont côtoyé disent qu'il hypnotisait les chevaux. Non, par des pratiques spirituelles spécifiques tout au long de sa vie, il avait modifié son état de conscience pour entrer en résonance avec les chevaux. Il les comprenait et leur parlait. Tout cela s'explique aujourd'hui en s'intéressant à la doctrine fondamentale de Martin Luther pour comprendre l'état de conscience, associée à la compréhension du principe de résonance morphique et émotionnelle. L'incommensurable talent inné de l'écuyer et une remise en question de chaque instant ont fait de cet écuyer le Maître du XXème siècle.

Rares sont les cavaliers qui ont compris, conscientisé les philosophies équestres de ces deux Maîtres. Car la vision reste tragiquement mécaniste pour la plupart. Et c'est une erreur absolue.

La formation actuelle des encadrants se fait à l'instar de l'équitation de guerre sur le principe : "Efficacité maximale pour une rentabilité rapide optimale".

Seul le résultat compte, peu importe la relation au cheval. Il faut brasser du monde, beaucoup de monde. Les cavaliers s'appellent désormais des équitants, des consommateurs de l'acte équestre. Peu importe la souffrance du cheval, pourvu que le public y trouve un semblant de plaisir tout en alimentant le tiroir caisse.

Alors direz-vous, le mouvement éthologique propose une alternative. C'est exact, mais encore incomplet car cette discipline ne tient pas compte des sciences du langage et des neurosciences. L'éthologie s'intéresse au comportement du cheval dans le troupeau et ensuite dans la relation que nous construisons avec lui.

Il ne suffit pas de "jouer" avec les chevaux. Il faut acquérir un langage permettant d'accéder aux airs de la Haute-Ecole.

C'est ce que propose l'approche zoosémiotique qui intègre toutes ces notions en y rajoutant un langage binaire cognitif.

François Baucher l'avait compris. En quelques mois, il "dressait" les chevaux jusqu'au plus haut niveau.

Aujourd'hui, tous ces mystères s'expliquent rationnellement, mais il faut intégrer une vision élargie de l'équitation en sortant du paradigme mécaniste de soumission.

Mais le grand secret réside dans l'adaptation de notre état de conscience à la conscience du cheval.

Quand les humains vivent dans la spéculation mentale permanente qui oscille dans le champ des ondes cérébrales Beta, le cheval quant à lui, vit dans le silence de l'instant, dans une quiétude constante juste perturbée par les dérangements humains. Il évolue dans le champ de conscience des ondes Alpha, celles que nous découvrons par la méditation.

Aussi, de manière caricaturale, le dialogue entre les humains et les chevaux est similaire à celui de deux talkie-walkie qui sont réglés sur des canaux différents : ils ne se comprennent pas. De fait, pour obtenir quoi que ce soit du cheval, il faut passer par le paradigme de la soumission. Et le serpent se mord la queue ...

Par des exercices simples mais actifs de contrôle des pensées et des émotions, nous pouvons unifier les consciences humaines et animales.

Attention, car si les exercices de méditation à la mode permettent d'accéder à un contrôle individuel des pensées, ils restent incomplets.

Dans le cadre équestre, nous devons à la fois unifier les consciences, contrôler nos pensées et nos émotions tout en pratiquant dans l'action un langage équestre spécifique cognitif.

Toute la difficulté réside dans cette nuance.

Mais quand tout à coup les consciences s'alignent, l'alchimie opère à tous les niveaux. La communication devient infiniment plus simple.

Le cheval décuple ses capacités et potentialise ses performances.

Je sais que de nombreux cavaliers lisent ces lignes, les sourcils froncés, dubitatifs pour certains, ironiques et moqueurs pour d'autres.

La compréhension de l'acte équestre nécessite avant tout un travail sur la conscience du cavalier. Non pas la conscience dans une approche "bien et mal". Non, nous parlons de la conscience globale qui régit les champs de perception, d'analyse et de réaction.

Tout cela est en réalité tellement simple que c'en est infiniment complexe en raison des formatages d'esprit des cavaliers.

Ouvrez votre champ de vision, écartez les oeillères, réfléchissez et apprenez.

L'art de l'équitation représente l'art des art, le plus difficile, le plus complet, mais le plus abouti pour ceux qui s'éveillent.

Comprenne qui pourra.


Francis Stuck




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