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LE LANGAGE BINAIRE EN EQUITATION

Le langage binaire tel que nous le comprenons, représente un modèle de communication qui alterne entre deux variantes.

En informatique, toute la programmation de nos ordinateurs et smartphones se base sur le 0 et sur le 1.

Cela semble simpliste et pourtant, voyez les prouesses technologiques dont nous disposons actuellement sur ce principe.

Selon le principe scientifique connu et accepté, les chevaux communiquent à travers une variété de signaux visuels, auditifs ou des mouvements corporels pour n'en citer que quelques uns.

En réalité, les chevaux disposent d'une intelligence cognitive. Autrement dit, ils savent apprendre, mémoriser, analyser et reproduire à la demande des comportements adaptés à une situation précise ou variable.

Ce ne sont pas des automates comme la plupart le pensent, programmés pour répéter des actions basiques.

Il suffit de voir des chevaux utilisés pour des labeurs spécifiques comme le débardage pour constater qu'ils sont supplétifs des hommes.

Nombre de débardeurs travaillent ainsi avec des chevaux de trait et communiquent avec eux comme ils le feraient avec un collègue de travail.

Les chevaux comprennent une infinité de mots qu'ils peuvent associer à des actions.

Dans son ouvrage "Compagnons de labour" Jean ROBINET évoque sa vie avec ses "collègues" et amis équidés.

Les cavaliers seraient bien avisés de parler avec les meneurs, les agriculteurs et les bûcherons ... et dépasser les clivages de castes.

Le savoir-faire et l'intelligence ne se trouve pas toujours là ou on l'attend ...

En réalité, les chevaux peuvent apprendre un langage binaire établi sur les variables OUI et NON.

La première règle consiste à aligner notre conscience sur celle des chevaux comme on règlerait les fréquences de deux talkie-walkie.

Il s'agit d'une gymnastique mentale accessible à tout un chacun.

Puis nous allons sur la piste et restons à pied, face au cheval.

Nous apprenons au cheval le principe de l'arrêt. Arrêt signifie NON.

C'est la première "allure " qui doit être maîtrisée.

En même temps, nous posons la badine sur l'encolure ou sur le dos par exemple afin d'associer un sens kinesthésique à la demande.

Le cheval fait immédiatement le lien et le retient.

Puis nous entrons dans le mouvement. Celui-ci signifie OUI.

Nous avançons juste d'un pas, en détachant la badine de l'encolure ou du dos, puis nous nous arrêtons tout de suite pour marquer la différence entre l'arrêt et le mouvement et donc entre le NON et le OUI en n'oubliant pas de poser la badine contre l'encolure afin que le cheval dissocie kynesthésiquement les deux consignes.

Nous nous rendons alors compte très vite que la vraie difficulté se trouve du côté du ... cavalier qui doit apprendre à contrôler sa coordination motrice, à codifier ses gestes et à surveiller ses activités mentales qui génèrent des émotions susceptibles de polluer la relation. Car le cheval réagit par résonance émotionnelle.

A pas variables dans leur nombre et alternés, avec des arrêts plus ou moins prolongés, nous apprenons alors au cheval le principe de base du langage binaire, OUI et NON, mouvement et arrêt tout en le maintenant attentif à nos demandes.

Pendant tout ce temps, la longe reste détendue. Une longe tendue signifie tension relationnelle et le plus souvent incompréhension et impatience.

Nous sortons ainsi du principe de contrôle par une action de libération ou de blocage du mouvement par un élément matériel qui créé de l'inconfort ou de la douleur par l'agissement sur le mors par exemple.

Nous nous adressons alors exclusivement à l'intelligence du cheval.

Son empathie naturelle et sa générosité feront le reste.

Il suffit d'essayer pour découvrir à quel point les chevaux aiment apprendre.

Peu à peu on enrichit ces constantes OUI et NON par des nuances intermédiaires.

Il suffit d'adopter le principe au travail sous la selle et tout devient infiniment plus simple.

Car très vite, on prend alors conscience de la réalité de la nature intelligente du cheval. Nous expérimentons alors également sa prodigieuse mémoire. Car sa conscience étant analytique et non spéculative, son esprit n'est pas embrumé en permanence par une foule de pensées spéculatives. Il vit dans le silence de l'instant et retient ainsi tout ce que nous lui apprenons, que ce soit bien ou mal.

Cette ignorance justement de ces spécificités de conscience se trouvent à l'origine de la plupart des dysfonctionnements comportementaux. Car chaque geste, action ou comportement des cavaliers représente un enseignement que retient le cheval. Celui-ci n'a pas la notion de bien ou de mal. Il adapte son attitude au gré des situations et des apprentissages volontaires ou involontaires.

En codifiant nos actions dans un sens pédagogique et linguistique, on peut alors construire un langage cognitif et intelligent qui ouvre le chemin de la Haute-Ecole infiniment plus vite qu'avec la force et l'exigence de soumission par l'usage de matériels coercitifs.

Voilà les principes de base du langage binaire que j'ai développé et que je propose aux cavaliers qui cherchent une équitation alternative, tout en gardant en vue la Haute-Ecole et d'autres utilisations plus spécifiques. Tout est possible ainsi avec intelligence et bienveillance.

Un cheval se contrôle infiniment mieux par son intelligence que par tout moyen matériel !

Libérez les chevaux, faites-en vos amis et intéressez-vous à leur intelligence. Vous n'aurez que de bonnes surprises !

Ils vous procureront des joies et des émotions qu'aucun humain ne peut proposer. Car ils s'inscrivent dans l'expression absolue du Créateur, sans perversion et dans une entière générosité.

C'est là la pierre cachée que nous trouvons en visitant l'intérieur de la conscience animale.

Par transposition, nous découvrons alors notre propre intériorité, car ils deviennent ainsi des révélateurs de conscience.

Par cette philosophie équestre, ils nous invitent à découvrir les arcanes de notre propre esprit.

Comprenne qui pourra.


Francis Stuck




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