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LE PRINCIPE DE "REFERENT" DANS LE CHARGEMENT D'UN CHEVAL

ETUDE DE CAS :

Un cheval doit être transporté dans un camion ou dans un van. Il se bloque au bas du pont, refuse d'avancer, commence à rétiver à force d'insister.


DECRYPTAGE :

Voilà un cas caractéristique de situation de perte de référence.

Cela commence sur le chemin entre l'écurie et le van. Si le cheval marche à côté du cavalier, la longe détendue, c'est le signe d'une reconnaissance référente.

Le cheval est alors un suiveur et tout se présente pour le mieux. Le cavalier est alors le référent éthologique qui rassure, que l'on a envie de suivre, celui qui sait.

L'instinct de grégarité est alors potentialisé car tout va bien.

Si le cheval tend la longe et précède le cavalier, cela signifie généralement que la référence se trouve du côté du cheval.

Et c'est lui qui décidera s'il veut monter ou non.

Arrivé devant le pont, le cheval qui ne connait pas, voit un tunnel dont le fond est sombre. Son acuité visuelle et colorimétrique lui donne cette interprétation.

Naturellement, son instinct de fuite s'active entrainant une perte de référence du cavalier.

Celui-ci avance, monte sur le pont, le cheval résiste, le cavalier tire et tend la longe.

Dans ce cas, une longe tendue signifie "tension relationnelle et d'instinct".

La peur de l'inconnu cause la fuite du cheval dans ce cas. Le cavalier en insistant perd alors totalement son statut de référent éthologique et devient suiveur.

Pour peu que l'on tire des longes ou que l'on utilise des coups de badine pour le faire monter de force, on exacerbe son instinct de fuite.

Selon le profil psychologique du cheval, il montera par peur de ce qui se passe derrière lui et sur les côtés. Il rentre alors dans le van par dépit et par peur.

Dans son esprit, le cavalier pensera qu'il aura gagné et trouvé un statut de référent éducatif, mais rien n'est plus faux.

La notion de référence arbitraire n'existe que dans la tête des humains. Les chevaux ne vivent pas dans cette volonté de domination.

Car le principe de référence se construit dans l'instinct de grégarité.

Si le cheval refuse de monter, cela signifie qu'il n'identifie pas le cavalier comme référent dans ses diverses déclinaisons. Il ne le respecte pas et ne lui fait pas confiance.

La nourriture associée à la référence alimentaire peut aider selon le cas, mais les autres attitudes du cavalier voire des autres personnes annulent la plupart du temps ces bénéfices.

Dans ce cas, il faut s'éloigner du van, s'isoler et travailler la marche conjointe sans que le cheval ne tende la longe.

Dans le même temps, il faut attirer l'attention du cheval en permanence.

Le mental du cheval fonctionne comme le mental humain : il ne sait faire qu'une chose à la fois.

En attirant l'attention du cheval sur vous, vous contrôlez son mental et vous devenez à la fois le référent éthologique, éducatif, affectif et protecteur.

Cela se fait en s'arrêtant tous les 2 ou 3 pas et en marquant des arrêts plus ou moins prolongés.

On contrôle ainsi la volonté du cheval.

Si le cheval reste distrait voire inquiet, on reste à l'arrêt.

Vous restez à côté du cheval, vos épaules alignées sur les siennes. Vous êtes ainsi un mini troupeau qui regarde dans la même direction, prêt à entrer dans le mouvement.

Ces détails sont d'une importance vitale pour le cheval car positionné face à lui, vous êtes un opposant et donc un suiveur en contradiction du principe de référent.

Dès que l'attention du cheval se dissipe, vous assénez de petites tapes délicates sur son encolure avec le revers de la main.

N'oubliez pas que le cheval sent une mouche posée sur son dos.

Aussi c'est la précision du geste à l'instant qui doit intervenir à chaque fois que vous voyez l'attention du cheval se dissiper.

Tout doit se faire sans force et dans une intention émotionnelle neutre.

N'oubliez pas que le cheval réagit par résonance émotionnelle.

S'il perçoit votre énervement, vous perdez à nouveau le statut référent.

Une fois toutes les conditions réunies, vous devenez alors le référent éthologique, protecteur, éducatif et social.

Vous construisez ainsi la confiance dans la "non-action", dans le silence du mouvement.

Ce n'est qu'une fois que vous sentez l'attention de votre cheval qui se porte sur vous de manière continue que vous vous remettez en marche en direction du pont.

Et là également, vous marquez plusieurs arrêts pour confirmer l'attention du cheval sur vous.

Vous venez ainsi de construire une relation référente majeure et généralement le cheval vous suit alors sans force et sans résistance.

CONCLUSION :

Le cavalier doit être dans l'analyse permanente de son statut de référent afin de ne jamais devenir un suiveur.

Il doit en permanence potentialiser l'instinct de grégarité, de troupeau qui rassure.

En procédant ainsi, nous nous adressons à l'intelligence du cheval, à son instinct et à sa sensibilité. Il nous suivra alors partout, peu importe les circonstances.

Dans le même temps, le cavalier doit veiller à ne jamais créer d'inconfort ou de douleur par l'emploi de matériels inadaptés.

Tout ce qui exacerbe l'instinct de fuite par l'inconfort, la douleur ou la peur fait également perdre le statut de référent.

Et le cheval sait parfaitement qui lui met le harnachement. Il fait donc le lien entre l'inconfort ressenti et le cavalier.

Par ignorance de ces principes, on observe une recrudescence de l'utilisation des matériels coercitifs pour contrer les défauts de référence.

La compréhension et l'application de ces principes font partie intégrante d'une équitation de pleine conscience.

Comprenne qui pourra.


Francis Stuck



Crédit image : equipedia.ifce.fr


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